Amazon a-t’il exploité les données de ses vendeurs marketplaces pour booster ses ventes ?

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Amazon possède une position particulière sur le marché e-commerce : mi-marketplace, mi site-marchand, il vend ses propres produits mais également ceux de ses vendeurs partenaires… qui sont parfois en concurrence frontale. Une position qui oblige sur le papier l’américain à être vigilant sur l’accès aux données et aux statistiques de ventes de ses partenaires… au risque d’être soupçonné de les exploiter pour faire du profit à son propre compte. Une récente affaire semble aller dans ce sens.

Les vendeurs tiers : des partenaires Amazon qui sont également des entreprises concurrentes sur la marketplace

Breaking news : un audit interne qui a été effectué en 2015 vient de dévoiler que 4 700 collaborateurs du colosse Amazon avaient eu accès aux données non-publiques des vendeurs tiers. L’accès à ces données aurait permis aux vendeurs du géant américain de l’e-commerce Amazon d’améliorer considérablement leurs ventes sur marketplace. Face à ces accusations une enquête a immédiatement été mise en route depuis juillet 2019 par la Commission Européenne, qui a soulevé des problématiques anticoncurrentielles.

Ce n’est pas la première fois que le grand leader américain de commerce en ligne fait face à des accusations. Des sources confirment qu’Amazon avait déjà pris connaissance de ces pratiques au sein de sa firme, et n’a mis en place aucune mesure pour stopper l’exploitation des données non-publiques de ses vendeurs marketplaces.

Des accès pas assez restreints auraient permis à certains employés d’obtenir des statistiques de leurs vendeurs marketplaces

L’audit interne stipulerait que l’entreprise Amazon savait que les restrictions d’accès imposées au sein de son entreprise étaient insuffisamment verrouillées, ce qui aurait permis à un certain nombre d’employés non autorisés de consulter librement les informations spécifiques et privées des vendeurs. Les utilisateurs ont ainsi pu avoir accès à l’historique des performances de ventes, aux clés d’authentification des comptes sans compter la possibilité de modifier les niveaux de stock ainsi que les prix tout en ayant la main sur la gestion des retours. Toutes ces infirmations avaient déja été relayées noir sur blanc sur un précédent rapport de l’audit en 2010, mettant en lumière ces anomalies qui se sont répétées 5 ans après.

Un vendeur appelé dans le jargon « vendor manager » aurait par conséquent pu augmenter considérablement, mais de façon illégale, les performances de sa “Buy-Box”. Le géant américain pour des raisons de confidentialité n’a pas souhaité communiquer sur les éventuelles mesures qu’il aurait prises à l’encontre de cet employé. Les représentants d’Amazon ont tout de même précisé que les employés n’étaient autorisés à utiliser les informations des vendeurs tiers uniquement pour protéger leurs clients ou gérer la marketplace.

Un consommateur français surfe sur son ordinateur

Les données des vendeurs partenaires : des informations stratégiques pour identifier les produits à fort potentiel

Cet incident avait également fait l’objet d’une enquête menée par le Wall Street Journal, publiée en avril 2020 qui a expliqué comment la firme Amazon utilisait ces informations pour ensuite créer des produits concurrents aux vendeurs. Cette accusation avait à l’époque été réfutée par le CEO Jeff Bezos, en argumentant sur le fait que la part des ventes réalisées par des vendeurs tiers sur la marketplace s’élevait à 58 %, tandis que les produits Amazon Basics avait une part de vente s’élevant seulement à 1%. Cela n’a guère convaincu la Commission européenne qui a par la suite ouvert une enquête approfondie sur l’utilisation par Amazon des données non publiques des vendeurs tiers de la marketplace. 

Si l’enquête de la Commission européenne confirme ses doutes, Amazon pourrait être accusé de violation de l’article 102 du Traité sur le fonctionnement de l’UE qui interdit formellement les abus de position dominante sur le marché européen. De ce fait le géant américain de l’e-commerce Amazon risque de devoir faire face à une amende pouvant aller jusqu’à environ 10% de son chiffre d’affaires mondial. À titre d’information, le chiffre d’affaires d’Amazon avait atteint les 320 milliards de dollars en 2020. Affaire à suivre.

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