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Plongée dans les coulisses de l’infrastructure cloud de Free Pro à Marseille, en partenariat avec Leviia, une start-up qui émerge dans le paysage numérique français. Ce reportage offre une vue d’ensemble sur la collaboration entre ces deux entreprises, qui œuvrent pour une souveraineté numérique en France.
L’essentiel à retenir
La filiale B2B de Free, Free Pro, et son partenaire Leviia mettent un point d’honneur à promouvoir la souveraineté numérique. Ce concept, souvent galvaudé, est ici pris au sérieux, avec une infrastructure entièrement gérée en interne. Rémy Cadeau, directeur des activités grandes entreprises chez Free Pro, insiste sur l’absence de sous-traitance, un choix qui garantit une maîtrise totale de la chaîne de valeur.
Le site de MRS01 à Marseille illustre parfaitement cette approche. Il est conçu pour résister aux coupures d’électricité grâce à des systèmes redondants, et les données sont protégées par des dispositifs anti-incendie à la pointe de la technologie. Ce niveau de sécurité est essentiel pour rassurer les clients, parmi lesquels des institutions prestigieuses telles que la Caisse des Dépôts.
Fondée il y a cinq ans, Leviia se distingue par sa capacité à offrir des services de stockage et de collaboration à grande échelle. Avec seulement 35 employés, l’entreprise a su convaincre plus d’1,5 million d’utilisateurs de la pertinence de ses solutions. William Méauzoone, cofondateur de Leviia, ne cache pas sa fierté quant à la résilience de leur infrastructure, évoquant l’absence d’impact lors d’incidents ayant touché d’autres acteurs majeurs du secteur.
Le choix de Leviia de s’appuyer sur les infrastructures de Free Pro permet de garantir une localisation des données en France, loin des contraintes juridiques imposées par le Cloud Act américain. Cette indépendance juridique est un argument de poids pour les entreprises et institutions soucieuses de la confidentialité de leurs données.
Malgré leur volonté d’indépendance, Free Pro et Leviia doivent encore composer avec des infrastructures matérielles américaines, comme les processeurs Intel ou AMD. William Méauzoone souligne que l’important reste la gestion des données et leur exploitation, et non l’origine des composants matériels.
Les deux entreprises expriment néanmoins le souhait de pouvoir un jour se tourner vers des alternatives européennes, bien que celles-ci soient encore peu développées en 2026. En attendant, elles continuent de bâtir leur offre cloud sur des bases solides, en prônant une souveraineté numérique qui repose avant tout sur le contrôle des données.
Le marché du cloud souverain en France reste encore limité en termes d’acteurs de poids. Cependant, la pression géopolitique et les préoccupations croissantes en matière de confidentialité des données poussent de plus en plus d’entreprises et d’institutions à envisager des solutions nationales.
La qualification SecNumCloud, attendue pour Free Pro, pourrait renforcer la position de l’entreprise sur ce marché en pleine évolution. L’ANSSI, organisme chargé de la certification, joue un rôle crucial dans l’établissement de normes de sécurité qui pourraient convaincre de nouveaux clients d’opter pour des solutions françaises.
Le Cloud Act américain continue de susciter des débats en Europe, où la protection des données personnelles est une priorité. Cet acte oblige les entreprises américaines à fournir des données stockées à l’étranger sur demande des autorités américaines, ce qui inquiète nombre d’entreprises européennes.
Cette situation incite les acteurs européens à renforcer leur offre souveraine, en mettant en avant des solutions qui garantissent la sécurité des données sur le sol européen. Free Pro et Leviia se positionnent ainsi comme des alternatives crédibles, face à des géants comme Microsoft ou Amazon, en misant sur la souveraineté et la sécurité des données.