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Avast est une marque bien connue dans le monde de la cybersécurité, notamment pour ses solutions antivirus gratuites. Mais l’entreprise propose aussi un VPN : Avast SecureLine VPN. Sur le papier, il promet sécurité, confidentialité et accès à internet sans restrictions. Mais qu’en est-il en pratique ? Est-ce un service de confiance pour protéger vos données en ligne ?
Avast SecureLine VPN repose sur un chiffrement AES (Advanced Encryption Standard) en 256 bits, considéré comme l’un des plus sûrs au monde. Ce chiffrement est symétrique : la même clé est utilisée pour chiffrer et déchiffrer les données. Le niveau 256 bits signifie qu’il existe 2²⁵⁶ combinaisons possibles, ce qui rend le système virtuellement inviolable par force brute avec les capacités de calcul actuelles — c’est le même niveau utilisé par les gouvernements et l’armée.
Avast adapte ses protocoles selon l’appareil utilisé :
Ce sont tous deux des protocoles chiffrés en AES-256, mais ils n’ont pas les mêmes comportements selon le contexte réseau.
Avast SecureLine VPN intègre une fonction Kill Switch, essentielle pour préserver votre anonymat. Elle surveille l’état de la connexion VPN et, en cas de coupure, bloque immédiatement tout le trafic internet. Cela évite que vos données transitent à découvert sans tunnel sécurisé. C’est particulièrement utile dans les environnements publics ou instables.
Cependant, cette fonction n’est pas disponible sur toutes les plateformes (par exemple absente sur certaines versions mobiles), ce qui peut poser problème à ceux qui ont besoin d’une sécurité constante.
Avast communique sur une politique « no logs » partielle, mais en réalité, il enregistre certains types de métadonnées. Même s’il n’enregistre pas l’historique de navigation, ni les contenus consultés, il collecte :
Ces données sont conservées pendant 30 jours, ce qui est loin des standards stricts adoptés par certains concurrents (comme Mullvad ou ProtonVPN qui ne gardent rien du tout).
Même si Avast n’exploite pas directement ces données pour du tracking publicitaire, elles pourraient théoriquement être corrélées à d’autres données (ex. : via un compte Avast, des logs système, ou lors d’une demande des autorités), ce qui nuit à l’anonymat total.
Il faut aussi rappeler que Avast a été impliqué dans un scandale de collecte de données à grande échelle via sa filiale Jumpshot, qui revendait des historiques de navigation anonymisés collectés à partir de ses extensions et logiciels antivirus. L’entreprise a depuis cessé cette activité, mais cela a entaché sa crédibilité en matière de respect de la vie privée.
Le réseau de 700 serveurs répartis dans une cinquantaine de pays est suffisant pour un usage classique, mais reste modeste comparé à des VPN concurrents qui proposent plusieurs milliers de serveurs avec des optimisations spécifiques (streaming, P2P, double VPN, etc.).
Les vitesses sont généralement bonnes sur les serveurs proches, avec des débits suffisants pour du streaming HD ou des appels vidéo. En revanche :
Avast ne propose pas non plus de choix manuel de protocole ou de port, ce qui limite l’optimisation avancée par l’utilisateur.
Avast SecureLine débloque parfois Netflix US, mais pas de manière constante. Il est souvent détecté par les plateformes de streaming qui bloquent les adresses IP connues des VPN. Il ne dispose pas de serveurs spécifiques « streaming » ou « obfuscation », ce qui réduit ses capacités face à des pare-feux avancés (comme ceux de la Chine ou de certains réseaux d’entreprise).
À la différence de certains concurrents comme NordVPN ou Surfshark, Avast ne propose ni serveurs pour le P2P, ni fonctions de double chiffrement, ni connexion multi-sauts, ce qui le rend moins adapté aux usages intensifs ou aux profils très soucieux de confidentialité.